Museo Novecento : le musée d'art du XXe siècle de Florence
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Qu'est-ce que le Museo Novecento à Florence ?
Le Museo Novecento est le musée d'art italien du XXe siècle de Florence, installé dans le Palazzo dello Strozzino près de la Piazza della Repubblica. Il couvre les mouvements artistiques italiens du Futurisme à l'Arte Povera jusqu'à l'installation contemporaine, avec une force particulière dans la Scuola Romana et les décennies entre les deux guerres mondiales. Entrée : 9,50 €.
La réputation de Florence repose si lourdement sur la Renaissance que l’importante implication de la ville dans l’art moderne est presque entièrement ignorée des visiteurs. Le Museo Novecento rectifie cela — il présente l’art italien de 1910 à 2000 dans un magnifique palazzo médiéval reconverti, juste à côté de la Piazza della Repubblica, l’une des grandes places centrales de Florence.
Ce guide vous dit ce à quoi vous attendre, ce qu’il ne faut pas manquer, et comment le musée s’insère dans un itinéraire florentin réaliste.
Pourquoi ce musée existe à Florence
Florence est mondialement définie par une seule période de son histoire artistique. Les Offices, l’Accademia, le Bargello, les Chapelles Médicis — tous célèbrent l’explosion de l’art de la Renaissance survenue dans cette ville entre environ 1400 et 1600. Les touristes viennent à Florence pour Botticelli et Michel-Ange. La mission du Museo Novecento est de corriger le bilan.
L’art italien ne s’est pas arrêté à la période baroque. Florence au XXe siècle participa aux mêmes bouleversements qui produisirent le Cubisme à Paris, l’Expressionnisme en Allemagne et le Constructivisme en Russie — mais avec ses propres inflexions, ses propres débats, et sa propre relation à la tradition héritée écrasante. Comprendre l’art italien du XXe siècle, c’est comprendre ce que signifie être un artiste travaillant à l’ombre de la plus grande culture artistique de l’histoire occidentale.
Le Novecento ouvrit en 2014 dans un bâtiment qui avait auparavant servi d’orphelinat municipal (l’Ospedale degli Innocenti l’avait géré pendant des siècles). La collection couvre environ 350 œuvres, issues de la propre collection d’art civique de la ville et complétées par des donations.
Informations pratiques essentielles
Adresse : Piazza Santa Maria Novella 10, Florence
Horaires : variables selon la saison — généralement lundi, mercredi-samedi 11h-20h ; mardi 11h-17h ; dimanche 11h-20h. Vérifier sur musefirenze.it pour les horaires actuels.
Billets : 9,50 € ; entrée gratuite pour les détenteurs de la Firenzecard
Durée : 60-90 minutes pour une visite complète
Y accéder : 3 minutes à pied de la gare Santa Maria Novella ; 5 minutes du Duomo ; zone ZTL applicable
Le bâtiment : Palazzo dello Strozzino
Le musée occupe le Palazzo dello Strozzino, un palazzo du XVe siècle qui appartint autrefois à une branche de la famille Strozzi (rivaux des Médicis). L’intérieur conserve une grande partie de son tissu médiéval et Renaissance — escaliers en pierre, plafonds voûtés, sols en terre cuite — tout en étant adapté pour présenter de l’art contemporain. Cette collision de périodes architecturales est l’une des caractéristiques définissantes du musée.
La cour est particulièrement belle : un espace pavé de pierre avec une loggia qui offre un refuge par temps chaud et sert de lieu pour des installations en plein air. Les étages supérieurs traversent progressivement les mouvements artistiques du XXe siècle dans un ordre à peu près chronologique.
Guide salle par salle
Début du XXe siècle : Futurisme et réaction
Le rez-de-chaussée s’ouvre sur le contexte artistique italien du début des années 1900 — le moment post-divisionniste où les peintres italiens commençaient à répondre aux courants internationaux (post-impressionnisme, expressionnisme naissant) tout en restant enchevêtrés avec la tradition académique.
Le Futurisme domine la première section majeure. Lancé en 1909 par le manifeste du poète Filippo Tommaso Marinetti dans Le Figaro, le Futurisme fut la contribution la plus originale de l’Italie à l’avant-garde du début du XXe siècle. Les Futuristes célébraient la vitesse, la technologie, la violence et la modernité — et méprisaient les musées, la tradition et tout ce qui sentait le passé.
L’ironie : leurs tableaux se trouvent maintenant dans des musées. Mais leurs stratégies visuelles restent exaltantes — formes brisées et dynamiques suggérant le mouvement, lumière fragmentée en vues simultanées, expérience visuelle de la vélocité. Umberto Boccioni, Giacomo Balla et Carlo Carrà sont les figures centrales. Les collections du Novecento comprennent des œuvres illustrant l’étendue visuelle du mouvement.
Les Futuristes furent également mêlés au nationalisme italien puis, plus tard, au fascisme — une relation que le musée contextualise honnêtement sans l’effacer.
Arte Metafisica et les espaces oniriques de de Chirico
Giorgio de Chirico est l’artiste italien le plus influent sur l’art du XXe siècle à l’échelle internationale. Sa Pittura Metafisica (Peinture métaphysique), développée à partir de 1910 environ, dépeint d’étranges piazzas italiennes — désertes, baignées d’une lumière d’après-midi acérée, peuplées de mannequins, de statues classiques et d’ombres inexplicables. Les espaces sont reconnaissablement italiens (façades à arcades, longues perspectives) mais dépouillés de chaleur humaine, transformés en paysages oniriques d’anxiété et de nostalgie.
André Breton et les Surréalistes reconnurent en de Chirico un précurseur et adoptèrent son vocabulaire visuel ; les montres fondantes de Dalí sont inconcevables sans les arcades vides de de Chirico. Les collections de de Chirico au Novecento permettent aux visiteurs de voir le contexte original — ces œuvres produites en Italie, pour un public italien, comme objets philosophiques et poétiques.
Le passage de Carlo Carrà du Futurisme à la Métaphysique (ils correspondиrent brièvement et échangèrent des idées en 1917) est également représenté ici.
Les années 1930 : Novecento Italiano et esthétique fasciste
Le mouvement Novecento Italiano officiel (distinct du musée, ce qui prête à confusion) fut un virage conservateur dans l’art italien des années 1920-1930, promu par l’appareil culturel de Mussolini et défendu par la critique Margherita Sarfatti. Il privilégiait la clarté classique, les formes monumentales et un retour à la tradition italienne — esthétiquement l’opposé du Futurisme, politiquement aligné avec le régime.
Le musée n’évite pas ce contexte politique. Des artistes comme Mario Sironi produisirent des œuvres de qualité réelle tout en servant des fonctions de propagande ; le traitement de cette période par le Novecento est plus nuancé qu’une simple condamnation ou une célébration.
Scuola Romana (École romaine) : l’alternative — un groupe d’artistes à Rome dont Mario Mafai et sa partenaire Antonietta Raphaël qui maintinrent un mode expressionniste et humaniste pendant la période fasciste. Les peintures de fleurs, de ruines et de figures de Mafai ont une qualité de mélancolie persistante ; l’œuvre peinte et sculpturale de Raphaël porte l’influence de ses origines européennes de l’Est (elle était née en Lituanie et étudiait à Paris avant de venir à Rome). Leur travail représente une forme de résistance culturelle dans les contraintes de l’époque.
Reconstruction d’après-guerre : Arte Informale et abstraction
La scène artistique italienne d’après-guerre connut une transformation rapide. Le traumatisme de la guerre, l’effondrement du fascisme et l’ouverture soudaine aux courants internationaux (l’Expressionnisme abstrait américain, le Tachisme en France) produisirent un Arte Informale italien — l’abstraction gestuelle qui privilégiait la matière et le processus sur la représentation.
Emilio Vedova : l’un des peintres italiens d’après-guerre les plus importants, associé à la résistance partisane et engagé dans un art d’urgence politique même sous forme abstraite. Ses toiles sont physiquement intenses — peinture appliquée avec énergie, la surface dense de marques.
Alberto Burri : peut-être l’artiste italien le plus significatif sur le plan international de l’après-guerre. Burri (1915-1995), un médecin fait prisonnier de guerre au Texas, commença à faire de l’art là-bas et développa une pratique utilisant des matériaux non conventionnels : sacs de jute cousus ensemble, plastique brûlé et bouillonné, rouille, goudron. Ses œuvres sont simultanément abstraites et viscéralement physiques — les surfaces évoquent des blessures, des réparations, les séquelles de la destruction.
Lucio Fontana : les « Concepts spatiaux » de Fontana — toiles tailladées au couteau, trouées — furent parmi les gestes les plus radicaux de l’art du XXe siècle. En découpant à travers la toile, Fontana introduisit l’espace réel dans un médium qui n’avait réclamé l’espace qu’illusoirement pendant 600 ans. L’acte était simple ; ses implications pour l’art ultérieur furent énormes.
Arte Povera et les années 1960-70
L’Arte Povera (Art pauvre) émergea en Italie à la fin des années 1960 — une réponse critique au marché de l’art commercial et à l’avant-garde établie. Les artistes utilisaient des matériaux humbles et non traditionnels : brindilles, terre, miroirs, peaux d’animaux, lumières au néon, pierre, fil de fer. La « pauvreté » était conceptuelle plutôt qu’économique — un refus des matériaux prestigieux (huile, marbre, bronze) associés à la tradition artistique occidentale.
Jannis Kounellis (d’origine grecque mais étroitement associé à Rome et à l’Arte Povera italien) est représenté ici. Ses œuvres utilisent souvent des animaux vivants ou morts, le feu et des matériaux industriels pour créer des installations qui résistent au statut de marchandise.
Les autres figures clés du mouvement — Mario Merz, Michelangelo Pistoletto, Giulio Paolini — sont représentées dans la collection.
L’art contemporain et les dernières sections de la collection permanente
Les étages supérieurs évoluent vers l’art italien plus récent — le retour à la figuration des années 1980 (Transavanguardia), l’engagement des années 1990 et 2000 avec l’installation et la vidéo. La collection s’amincit quelque peu dans ces sections finales, reflétant à la fois la récence des œuvres et la difficulté d’acquérir des œuvres contemporaines significatives pour une collection civique.
L’installation sur le toit
La terrasse sur le toit du musée accueille des installations extérieures rotatives. Celles-ci changent selon les saisons — vérifier le site Web pour ce qui est actuellement installé. La terrasse offre également des vues sur le quartier vers Santa Maria Novella et est l’un des espaces extérieurs les plus agréables du centre de Florence. En été, arriver à l’ouverture (11h) permet de profiter du toit avant qu’il ne devienne chaud.
Expositions temporaires
Le Novecento organise 3 à 4 expositions temporaires par an dans des espaces dédiés au rez-de-chaussée. Celles-ci ont couvert l’art moderne international aux côtés de figures italiennes, et atteignent parfois des artistes de très haut profil dans le cadre de rétrospectives européennes ou italiennes. Un billet séparé est parfois requis ; vérifier le site avant votre visite.
Le café et la librairie
Le café s’ouvre sur la cour au niveau de la rue avec terrasse extérieure. La librairie du musée est l’une des meilleures petites librairies d’art de Florence, particulièrement pour les publications sur l’art italien du XXe siècle difficiles à trouver ailleurs. Vaut la peine d’un coup d’œil même si vous arrivez avec peu de temps.
Pourquoi le Museo Novecento mérite sa place dans votre itinéraire florentin
Trois arguments spécifiques :
Le contraste comme éducation : après avoir passé une matinée avec Botticelli et Michel-Ange, voir une toile tailladée de Fontana ou le jute de Burri provoque un véritable choc intellectuel. Les artistes italiens du XXe siècle luttaient précisément contre l’héritage de la Renaissance — leurs réponses, qu’il s’agisse du rejet violent (Futurisme), de l’ironie mélancolique (de Chirico) ou de l’expérience matérielle radicale (Arte Povera), n’ont de sens que dans ce contexte. Florence est le meilleur endroit au monde pour comprendre les deux extrémités de l’argument.
Un soulagement pratique : le Novecento n’est presque jamais bondé. Un après-midi de juillet où les Offices sont à saturation et la file devant l’Accademia s’étend tout autour du pâté de maisons, la cour du Novecento est calme. La fatigue muséale est un phénomène réel ; une visite de musée moins intense peut renouveler l’énergie pour les grandes collections.
Une qualité authentique : la collection n’est pas un lot de consolation pour les gens qui n’ont pas pu entrer aux Offices. De Chirico, Burri, Fontana, Vedova et les figures de l’Arte Povera sont des artistes d’importance internationale. Leur travail dans ce musée mérite d’être abordé pour lui-même.
Combinaisons avec les attraits voisins
La situation du musée sur la Piazza Santa Maria Novella facilite les associations :
- Basilique de Santa Maria Novella : de l’autre côté de la place — la fresque de la Trinité de Masaccio, les fresques de la chapelle Tornabuoni de Ghirlandaio, l’un des plus grands intérieurs d’église de Florence
- Gare Santa Maria Novella : 3 minutes — utile comme première ou dernière étape
- Piazza della Repubblica : 5 minutes vers le nord — cafés, le grand magasin historique Rinascente
- Museo Ferragamo : 10 minutes vers le sud, près du Ponte Santa Trinita — un musée de la mode avec une véritable profondeur de collection
Guides connexes
- Meilleurs musées de Florence
- La Firenzecard vaut-elle le coup ?
- Guide du visiteur du Palazzo Vecchio
- Les galeries du Palazzo Pitti
- Guide du Musée du Bargello
Questions fréquentes sur le Museo Novecento
Le Museo Novecento est-il inclus dans la Firenzecard ?
Oui. Le Museo Novecento est l’un des musées civiques couverts par la Firenzecard. Les détenteurs de la carte entrent gratuitement et utilisent l’entrée prioritaire, qui est l’entrée principale sur la Piazza Santa Maria Novella.
Le Museo Novecento convient-il aux enfants ?
La collection du XXe siècle peut être plus immédiatement accessible aux jeunes visiteurs que la peinture de la Renaissance — les œuvres futuristes ont une énergie visuelle qui plaît aux enfants, l’utilisation de matériaux du quotidien par l’Arte Povera éveille une curiosité authentique (« pourquoi y a-t-il un morceau de jute accroché au mur ? »), et les toiles tailladées de Fontana produisent invariablement de fortes réactions. Les enfants de 10 ans et plus s’engageront davantage que les plus jeunes. Le musée n’est pas spécialement orienté enfants mais n’est pas inhospitalier pour les familles.
Le Museo Novecento propose-t-il des expositions temporaires ?
Oui. En plus de la collection permanente, le musée organise des expositions temporaires couvrant l’art moderne et contemporain italien et international. Celles-ci nécessitent parfois une admission supplémentaire en plus du billet standard, parfois elles sont incluses. Vérifier sur musefirenze.it le programme actuel avant votre visite.
Qu’y a-t-il près du Museo Novecento ?
Le musée fait face à la Piazza Santa Maria Novella, l’une des grandes places de Florence. La Basilique de Santa Maria Novella — avec la fresque de la Trinité de Masaccio (vers 1427, l’une des premières utilisations de la perspective mathématique en peinture) et les célèbres fresques de la chapelle Tornabuoni de Ghirlandaio — se trouve directement de l’autre côté de la place. La gare Santa Maria Novella est à 3 minutes. Le quartier autour de la Via Tornabuoni (immédiatement à l’est) concentre les boutiques de luxe les plus denses de Florence.
Quelle est la différence entre le Novecento Italiano (le mouvement artistique) et le Museo Novecento ?
Le Novecento Italiano était un mouvement artistique des années 1920-1930, promu pendant la période fasciste, prônant un retour conservateur à la clarté classique dans l’art italien. Le Museo Novecento est un musée civique du XXIe siècle couvrant largement l’art italien de 1910 à 2000. Le musée couvre le mouvement Novecento Italiano comme un épisode parmi d’autres, et non comme une esthétique directrice.
Questions fréquentes sur Museo Novecento
Le Museo Novecento vaut-il la visite ?
Oui, particulièrement pour les visiteurs intéressés par l'art du XXe siècle qui souhaitent un contrepoint à l'accent Renaissance des autres grands musées de Florence. La collection est solide, le bâtiment magnifique, et le musée est rarement bondé. Les détenteurs de la Firenzecard entrent gratuitement.Combien de temps dure une visite au Museo Novecento ?
45 à 75 minutes pour une visite approfondie. Le musée est compact avec une collection permanente bien organisée sur trois étages d'un palazzo médiéval.
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